bullibasha

Bulibasha raconte l’histoire d’un jeune Maori pris dans la rivalité opposant deux familles de tondeurs de moutons. Remontant aux disputes amoureuses et sportives du grand-père de chaque clan, la tension est constamment entretenue par les récits des grands événements de lutte contre l’ennemi.

Seul l’enfant du dernier fils de Bulibasha ose s’élever contre l’organisation immuable de la famille et l’autorité tyrannique du patriarche, empreinte de traditions maories et religieuses : obéissance aveugle au chef, chacun n’a d’autre choix que de remplir le rôle qui lui est assigné par sa naissance (ordre dans la lignée, sexe, race, condition sociale), la connaissance et l’éducation scolaire sont méprisées au profit du travail manuel… Tous acceptent bon gré mal gré cet ordre des choses, sauf Simeon qui, avec l’âge, se permet de défier son grand-père.

Au fil des événements rythmant la vie de la famille élargie et ponctuant les rivalités au sein de la communauté maorie, on découvre les relations unissant ou opposant chaque génération. L’intrigue révélant finalement les véritables raisons de ces rivalités. Un dénouement inattendu où l’on s’aperçoit que l’individualisme forcené n’est pas l’apanage du monde moderne.

Publiée en 1994 et récompensée par le Wattie-Montana Book Award (un des prix littéraires les plus prestigieux de Nouvelle-Zélande) cette véritable saga haletante s’étale sur plusieurs années. Le développement des personnages et des rapports complexes qu’ils entretiennent suit un rythme tout à fait maîtrisé et l’humour est, comme souvent chez Ihimaera, très présent pour dépeindre les rivalités familiales et communautaires qui s’affrontent pour le prestige, le pouvoir et une certaine forme de liberté.

Né dans le Nord de la Nouvelle-Zélande, Ihimaera commence par travailler comme diplomate dans les années 1970. Son recueil de nouvelles Pounamou Pounamou (1972) est le premier du genre à être publié par un auteur māori, suivi par le roman Tangi en 1973. Il a fait paraître plusieurs recueils de nouvelles et sept romans, dont Nights in the gardens of Spain, dont le titre reprend une œuvre de Manuel de Falla.

Il enseigne depuis 1990 la littérature anglaise à l’université d’Auckland. Il est considéré comme un auteur majeur de la littérature post-coloniale. En 2005, il a reçu la médaille de l’Ordre du mérite en littérature de Nouvelle-Zélande.

Pour ceux qui vivent en Polynésie : Cet ouvrage est, en principe, disponible dans Les librairies de Polynésie et dans certaines grandes surfaces.