Second roman d’Ari’irau, ou si vous préférez Stéphanie-Ari’irau Richard, une enfant du   » Fenua  » , la plus gauloise des vahine  de cette île . Née à Pirae en 1972, de mère Teioatuatehoahoarai Poroi, plus connue sous le prénom de Dorita à Tipaerui, et de père René Richard. L’écriture ovulatoire de  « Matamimi » n’insulte personne, ne revendique rien, si ce n’est qu’on peut écrire sur l’amour sans parler d’inceste, qu’on peut écrire sur le   » Fenua   » sans parler de politique, qu’on peut écrire sur la vie sans donner de leçon de morale.

Lorsque la réalité est trop difficile à tolérer, l’imagination est une forme d’intelligence salvatrice. Dans ce deuxième roman, les hommes qui boivent plus de trois bières par jour sont déconseillés à Matamimi parce que, lui dit sa mère,  » en vieillissant ils finiront par cumuler  » ; on apprend également ce qui faisait écrire Diderot et ce qui faisait chanter James Brown, on parle également du forum Taui, de groupes rock, on se promène à la pointe Vénus, au marché, on lit « L’Arbre a pain » de Célestine, on accompagne Matamimi au restaurant chinois…

Les enfants, eux, courent dans tous les sens, ils ont des âmes aux pieds, aux mains, aux cœurs; de sa naissance, son adolescence, son premier chagrin d’amour, sa réflexion sur les hommes, sur son pays, en passant par ses crises de nerfs, ses bagarres avec sa mère, jusqu’à sa rencontre avec un voisin pêcheur, Matamimi a toujours été elle-même, n’a jamais revendiqué être une autre.

Elle a voulu plaire aux dieux grecs qui gouvernent mais, d’un milieu modeste, élevée par sa mère seule, sans nom de famille, jolie petite fille de la populace qui essaie en vain d’exister pour les autres, Matamimi trouve finalement son bonheur en soufflant une petite phrase sous les poussières d’étoiles :  » Maman, arrête de pleurer, la vie nous attend. «

 

RICHARD VIVI Ariirau Stéphanie

Quand un auteur accepte de parler de lui, ça vaut toutes les notices biographiques. Ariirau l’a fait, c’est donc elle qui se présente ici :

Je m’appelle Ariirau, plus précisément Stéphanie Ariirau née Richard, épouse Vivi. Mon nom d’auteur Ariirau est en fait mon prénom tahitien, que m’a donné mon arrière arrière grand-mère, Aroatua Richmond, femme de Kaukura, des îles Tuamotu. Il signifie « reine/ roi/ seigneur » (Arii) « de toutes les îles » (Rau). Je suis tahitienne, et blanche, je tiens à l’écrire parce que lorsqu’on me voit, on a du mal à le croire. Ma mère est polynésienne et mon père est français. D’ailleurs j’aime à dire « bien malheureux le peuple qui fait de ses enfants des étrangers parce qu’ils n’ont pas la même couleur de peau que leurs ancêtres. »

Je suis née à Pirae, à Tahiti, et j’ai passé mon enfance dans un village de la Mayenne, en France. Occasionnellement je retrouvais mon pays natal et ma grand-mère. J’ai grandi heureuse mais dans la nostalgie d’une île, que j’ai souvent pleurée, et personnalisée. Je suis partie aux Etats-Unis, à l’âge de 24 ans, poursuivre des études et j’ai découvert un monde qui me convenait, par ses extrêmes et par son milieu : Ses extrêmes, parce que c’est le pays des excès et des différences, et son milieu, parce qu’il se trouve au centre de deux points d’attaches : Tahiti, île mère, et Argentré-France, terre-père. J’emménage à New York le 1er septembre 2001, et je pars vivre à Tahiti en septembre 2005. Entre temps, j’écris deux romans et j’en commence un. Je ne me souviens pas n’avoir jamais écrit, dans ma vie.

 
Pour ceux qui vivent en Polynésie : Cet ouvrage est, en principe, disponible dans Les librairies de Polynésie et dans certaines grandes surfaces.