La plume savante et espiègle de Witi Ihimaera étoffe son texte d’histoire maorie et des mouvements de contestation (il relate la véritable campagne de labours et de désobéissance civile qui aurait inspiré Gandhi), ainsi que de références à « L’homme au masque de fer », ou à « Fidelio », en passant par la Bible. L’histoire d’Erenora (Leonore) et d’Horitana (Florestan), c’est la grande histoire postcoloniale d’un amour fou entre deux êtres et entre un peuple et son pays.

« La femme de Parihaka », c’est d’abord l’histoire d’un grand amour qui nous fait traverser la Nouvelle-Zélande à la fin du 19e siècle. Mais quand les amoureux sont maoris et résistent contre la spoliation de leurs terres, le romantisme se teinte de politique. Et quand l’héroïne doit tout transcender pour retrouver son homme, elle devient un de ces formidables personnages de la littérature, inoubliable, plus grand que nature. Avec un prof d’histoire à la retraite, pointilleux et colérique, chargé de traduire le journal de son héroïne et ancêtre, le récit se teinte d’une formidable lutte identitaire. Les quêtes d’amour, d’identité et de dignité sont étroitement mêlées.

 

Né dans le Nord de la Nouvelle-Zélande, Ihimaera commence par travailler comme diplomate dans les années 1970. Son recueil de nouvelles Pounamou Pounamou (1972) est le premier du genre à être publié par un auteur māori, suivi par le roman Tangi en 1973. Il a fait paraître plusieurs recueils de nouvelles et sept romans, dont Nights in the gardens of Spain, dont le titre reprend une œuvre de Manuel de Falla.

Il enseigne depuis 1990 la littérature anglaise à l’université d’Auckland. Il est considéré comme un auteur majeur de la littérature post-coloniale. En 2005, il a reçu la médaille de l’Ordre du mérite en littérature de Nouvelle-Zélande.

Pour ceux qui vivent en Polynésie : Cet ouvrage est, en principe, disponible dans Les librairies de Polynésie et dans certaines grandes surfaces.